Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
alaia64.over-blog.com

blog de voyage sans prétention pour ceux qui ont envie de nous suivre

2019 RETOUR AUX MARQUISES

« Le petit Alain Darmayan est attendu à l’embarquement pour le vol de San Francisco. Dernier appel »

Aéroport d’Orly ; comme d’habitude, je traîne, et Myriam profite d’une hôtesse sympa pour me faire une vanne…

1er mai 2019, on part retrouver Alaïa aux Marquises, il nous attend au chantier naval d Hiva Oa.

Passage rapide à Paris pour faire le plein d’images et de souvenirs d’Alma 

  elle va nous manquer…

Nous sommes très heureux de repartir, car nous savons que notre famille va bien, que notre petite fille a surtout besoin de ses parents les premiers mois et que nos enfants nous encouragent à profiter, comme nous l’avons fait pour eux à une autre époque.

Une question va se poser : Alaïa est vendu, mais seulement le 8 décembre ; du coup on commence à se demander si les 4 mois ne vont pas se transformer en 8. La belle histoire d’Alaïa continue ; Sylvie et Jacky sont tombés sur l’annonce que nous avions passé sur le site Expat.com ; Ils nous ont contacté pour parler de leur projet un peu identique au nôtre ; on leur a envoyé le blog qui leur a « parlé », et de fil en aiguille, on s’est mis d’accord pour la vente d’Alaïa, qui va continuer à naviguer en Polynésie.

Vol Paris San Francisco Papeete :  22 heures de voyage avec la compagnie French Bee : super avion, super prestation ; pourquoi se priver ! bien sûr, il faut payer sa bière mais bon est-ce vraiment anormal ? Non ce n’est pas un avion au rabais, il est flambant neuf et les prestations sont les mêmes qu’avec Air France ou Air Tahiti Nui. La différence, c’est que tu peux prendre un aller simple pour la moitié du prix de l’aller-retour et que tu vas en Polynésie pour 1200€ aller-retour.

Arrivée à Papeete, un peu décalqués ; 4 h à attendre pour le vol vers les Marquises et petit déjeuner avec Clem et Florian venus nous amener la planche de kite que j’ai acheté via les petites annonces de Papeete.

Survol des Tuamotu 

et à 13h arrivée au grand aéroport d' Hiva oa : Alaïa nous voilà 

Quel bonheur de retrouver en premier le rire et la joie de vivre des Marquisiens ; jusqu’aux coprah-culteurs dans la brousse on les entend dire , « ON EST BIEN ICI »

Et bien sur la chaleur douce, les fruits à gogo

 (2)

  ( même les cochons sont gavés aux mangues :ps ne pas confondre les photos ! )

et le bateau, le vent du large !!

 ..

Quel plaisir aussi de retrouver le bateau sur lequel nous avons vécu tant de bons moments ! Bon ! il est un peu sale et on a du boulot avant de le mettre à l’eau : Réarmer le bateau, faire l’entretien des 2 moteurs, changer les joints de sail drive qui ont 10 ans….le bichonner un peu et partir pour les Tuamotu Alaia en pleine forme.

La chaleur et le décalage horaire nous cueillent à froid, mais on est portés par l’envie de retourner à l’eau… Et puis bizarrement on a tous les 2 l’impression d’être rentrés à la maison… Dommage qu’elle soit si loin de l’autre, où on a tant de choses qui nous y retiennent.

Pour moi, la marche est haute

 il faut retrouver la motivation pour grimper et s’assouplir.

 Pas la grande forme, après 4 mois de fêtes et re-fêtes pour les retrouvailles, Noel, 1er de l’an, les 60 ans de ma belle-sœur à Paris, voir Céline en Ariège, mes 60 ans, et surtout la naissance d’Alma, le plein d’émotions et de kilos en peu de temps. et le décalage horaire..

 Le retour d’un tel voyage, on s’y prépare, sûrs de garder la forme, l’hygiène de vie acquise sur le voilier. Taratata ! on retrouve la vie « normale » avec ses plaisirs et ses travers très vite. Le plus dur est que je n’ai pas pu marcher à cause d’une épine calcanéenne. Bizarrement, la douleur réduit de moitié à notre retour au bateau ! grâce à quoi ? Alimentation, climat, activités ... Tant de changements dans cette autre vie ; impossible de savoir, le corps subit tellement de modifications.

Je me sens épuisée, inefficace. ; Alain passe une semaine coincé dans le moteur dans la jupe arrière du voilier, qui fait 1M/1M sous une bâche de Bédouin ,

  pas trop ma place, c’est trop petit et trop technique…

Bref, vivre dans un chantier

 pendant 15 jours, en hauteur, ça n’aide pas à récupérer… A chacun ses qualités alors je racole dès le premier jour un homme sympa au sémaphore

 où les voileux retrouvent le lien avec le monde.

Un bel échange ; Jean-Baptiste aide Alain à bricoler et nous on est pour lui un bateau « ami » après 30 jours de traversée en solitaire depuis Panama, ça lui plait. Un bricoleur minutieux qui a besoin d’échanges, d'amitié et de bons repas.  Nikel. J’ai fait ma part, je peux aller marcher et retrouver les Marquises..

LE MARIAGE

Ma copine Téhina d’Apatoni sur l’île de Tahuata m’invite à un mariage, et j’en profite pour m’échapper ; je fais du bateau stop à 5 h du matin sur le quai, ça marche ! je tombe par hasard sur le Potimarara de Margot et Tuu, qui retourne sur Tahuata… Le boat people 

Un peu sport ; ma voisine vomit dans le seau que j’ai arraché a un gamin qui s’en servait comme dossier. Ils annulent la visite à Vaitahu, tellement la houle se casse sur le quai, ouf !

Les mariés ont 70 ans ; elle fait sa confirmation pour pouvoir se marier à l’église, car elle est protestante,

 un bel office avec les chants Marquisiens,

Mon amie Margot   

est la tante de la mariée, elle est venue de la vallée voisine,  m’invite à la table officielle et m’initie aux coutumes, les villageois les honorent de danses locales,

Impossible de repartir le soir, Téhina ne trouve pas de bateau, et « Demain c’est le four Polynésien, tu dois rester »

 

J’ai amené les lunettes collectées en métropole chez les opticiens qui les jettent souvent, les corrections sont marquées sur les verres 

 les personnes du mariage qui ont des problèmes de vue défilent.

 Je n’en reviens pas qu’ils soient aussi nombreux à manquer de lunettes. C’est aussi mal remboursé que chez nous, et c’est 100 fois plus compliqué : il faut aller au village dans une autre vallée, lors de la consultation annuelle de l’ophtalmo… Alors devant mon « stand » on cherche la monture la moins mauvaise pour leur permettre de vivre mieux, pour lire ou pour sculpter. Grâce aux informations données par l’opticienne de Socoa, je guide un peu mieux leur recherche …. heureuse d’entendre les « AH OUI, je vois bien avec celle-là » ; la planche de lecture confirme leur choix.  

Le lendemain à la messe, la moitié de l’assemblée lisait avec nos lunettes, dont 3 des religieux; Un joli moment avec eux ; les jours qui ont suivi, dans toute l’île des gens m’appelaient « la dame aux lunettes » même quand je marchais dans la brousse; 15 jours après,  à la mairie de Vaitahu, j’ai eu un accueil chaleureux quand je suis venue envoyer un avis de recherche au pêcheurs pour notre copain Jean Baptiste qui a perdu son annexe dans une autre île ; envolée de son voilier pendant la nuit, mal amarrée. fais du bateau stop!

 « tu es la dame des lunettes ! pas de souci, je mets ça sur Facebook ils auront tous l’info dans 5mn ! » dommage, il n’a pas retrouvé son annexe !

nous avons donné des fraises de prothésistes dentaires aux sucpteurs marquisiens, un joli cadeau par lourd a amener..

ON RETOURNE A L’EAU

Retour à Hiva Oa avec un bonitier qui finit sa pêche au petit matin ; C’est le départ des élèves et des familles venues pour le mariage ; à 6 h du matin les bateaux défilent  pleins.  

Allez, au boulot la Fatma, fini de rigoler, il faut faire l’antifouling,

 le Bédoin sous sa tente m’a laissé un peu de travail, quand même...

Voilà punie après mon escapade : 3 jours en camisole, au soleil, le rouleau à la main pour passer 2 couches de peinture afin d’empêcher les coquillages de coller à la coque du bateau. Bien épaisse et bien toxique, donc le soir dodo sans manger ! plus de bras la Mimi, plus de repas !

On arrive au bout ! on charge le bateau avant la mise à l’eau, provisions

dans les coffres, gasoil  et eau dans les réservoirs

 et au bout de 2 semaines après un beau chantier, et bien sûr son lot de surprises (bonnes et mauvaises…) Alaïa retrouve son élément et nous une hauteur plus agréable par rapport au sol. Pour l’instant nous n’avons qu’un seul moteur, car il faut remplacer un échangeur de température qu’on doit faire venir de France. Pas grave, il nous en reste un et ça ne va pas nous empêcher de naviguer dans les Marquises.

Cap sur Tahuata chez Margot et Tuu, on est gâtés :  bons repas,

atelier mécanique  

 (il reste le moteur d’annexe à réviser), mangues, bananes et pamplemousses à gogo ;

Radio cocotier pour dire à sa vallée que l’on a des lunettes à donner… et là encore c’est le débarquement 

 ; Une seule dame ne trouve rien, elle a déjà un tâtonnement de la main de la personne non voyante. On fait du dépannage, pas de miracle… Pour nous remercier, Jonathan et sa grand-mère nous offrent des bananes séchées faites devant nous, quel art, regardez ses mains ..

HAPATONI, LE PIC NIC EN VOILIER et l’ORION

Tehina en a révé, on l’a fait… Elle avait envie de partir en voilier avec son vilage dans une baie du nord de l’île pour faire un « pic-nic » sur la plage.

Magique, à 4 voiliers

on emmène 25 villageois sur une plage inaccessible par la piste ;  il n’y a pas de plage de sable blanc à Hapatoni, alors c’est une belle excursion ; départ 7 H, on va les chercher en  annexe et on les embarque ;  c’est parti pour une heure de navigation ; une magnifique raie manta nous ouvre la route, les yukulélés et les danseuses sur Alaïa rassurent tout le monde. Voir le film

La pêche, le barbecue, la musique, le bénédicité en musique, la chasse aux crabes, tout y est ; 

Super moment de partage pour un Pic Nic majuscule.

Puis ils nous ont demandé si on pouvait être là 2 jours après pour les aider à accueillir l’Orion, petit paquebot Hawaïen ; ils avaient besoin de gens parlant anglais pour les aider a vendre leur artisanat ; une fois de plus, nous avons une profité de leur tradition d’accueil : danses, chants, haka, artisanat….

 

Le Tazar de 10 kgs  que nous avons pêché va dans le congélateur de Téhina.

Nous finissons par une projection des magnifiques photos et films d’eux pendant ces 3 évènements.

A Hapatoni les fêtes religieuses sont nombreuses, et permettent les échanges inter-îles. Pour la pentecôte où ils vont accueillir 100 personnes, les hommes sont partis pêcher à 3 heures du matin 3 jours de suite ; ils préparent  

les poissons au son de grands rires sur la plage, en croquant fréquemment dans le poisson cru. Nous on ne sera pas là ce week end – trop religieux !

On va mouiller dans la baie d’ Hanamenoa, un bijoux pour le snorkeling et la plage! Steven, un jeune Marquisien bien solitaire se confronte  aux voileux qui arrivent des Caraibes; 

 

LES MARQUISES EN MAI :

On les a quittées en décembre au moment où les voiliers viennent des Tuamotu pour se mettre à l’abri pendant la saison cyclonique et on les retrouve en mai lors de la grande migration des voiliers depuis Panama et les Galapagos ; pas du tout le même public ! ni la même connaissance de ces îles. Nous sommes contents d’avoir découvert cet archipel après les îles de la Société et les Tuamotu. Elles sont belles, magiques et accueillantes, mais correspondent moins aux images des lagons que l’on a de la Polynésie. 

Les nouveaux arrivants sont en général pressés de continuer la route, ceux qui arrivent seuls sont en « Panamite aigue » ; ils ont besoin de parler… d’eux…

 A Hiva Oa, d’autres sont obligés de s’arrêter longtemps pour régler des problèmes techniques, tout prend du temps.

Quand à nous, on est sauvés de notre fringale de bouger par le fait que l’on doit attendre l’échangeur qui vient de métropole ; du coup on profite des beaux mouillages abrités de Tahuata, des gens , de la richesse de la nature qui est plus généreuse qu’en décembre en ce début de la saison des pluies ; nous retrouvons le bonheur de nager avec les dauphins  Voir le film et les méduses . vive le citron et la lavande Aspic. Il faut raser aussi pour ôter les filaments restants...Si on peut.

  

Après avoir bu une boisson locale qui nous a été offerte par la mère de la mariée, (3 l d’eau pour 1 racine de gingembre, 1 de curcuma, 6 citrons, 1 noni) je retrouve ma vitalité ; reprise des cours de mécanique,  

de voile ; la marche et la nage. Essayez … le noni est aussi miraculeux que imbuvable…

Traversée de l’île à pied avec Odile et Jean Paul , qui naviguent sur un voilier de 9m, un Sun Fast 32, plutôt fait pour la régate ou la croisière rapide, respect ! en montagne aussi ces Grenoblois assurent car cette traversée pour Hanatetena est déconseillée par les locaux « trop raide , trop long »

 pas de voiture, oui mais trop beau ! départ à 5H 30 avant le soleil. Au bout de 2 heures, on tombe sur la culture maraichère de Viviane et Camille, encore une belle rencontre

 ; arrêt café, visite de leur petite exploitation et ravitaillement en légumes que l’on récupérera au retour ; les tomates poussent en permanence ici !  Après 4 heures d’effort, arrivée à ce village du bout du monde dans une vallée magnifique ; on est chaleureusement accueillis dans une belle maison : citronnade et gâteaux

retour en 4X4 ouf ! il y en a eu 1 dans la journée ! 1h30 de piste vertigineuse dans la benne.

L’an dernier, nous avions été invités par Jades et Lourdes à l’anniversaire des 3 ans de leur fille Duña à  Irifa sur la plage, et depuis nous sommes restés en contact ; nous avons suivi la vente de leur voilier de 10 ans de vie, et leur retour en Espagne pour la naissance de leur fils Camil ; ils sont revenus depuis 5 jours à Hiva Oa ou  ils ont acheté un nouveau bateau sur lequel ils ont 2 mois de travail avant la mise à l’eau et avec lequel ils comptent s’établir aux Marquises.

Alors nous leur avons « offert » un week-end sur Alaïa à la baie de Hanamenoa pour

 « la mise à l’eau de Camil », le baptême de ce nouveau petit marin de 5 mois dans la mer de Polynésie ; un plaisir aussi grand pour eux que pour nous ; un peu de faamou, (adoption à la mode polynésienne) ; on n’a pas notre petite fille alors on en câline

 un autre. Les parents savourent quelques heures de relais ; Une gamate neuve servira pour le bain des enfants et les thons à découper. Duña s’éclate…

et Jades et Lourdes rechargent les batteries pour le chantier qui les attend  . Nous les reverrons peut être un jour aux Marquises ou ils vont se rester..

Retour à Atuona ; notre pièce moteur arrive dans 2 jours ( ou plus)  et on va pouvoir reprendre la route vers les Tuamotu ; ici, on apprend la zénitude ou on craque , on est heureux d’avoir des mois devant nous, on a vu plusieurs familles passer avec pour objectif du capitaine « la Nouvelle Zélande » comme si c’était le Graal, avec une tension énorme de l’équipage ; fatigue, impression de ne pas avoir le temps de profiter, rencontrer, stress du matériel qui n’arrive pas assez vite pour gagner cette nouvelle course contre la montre..

Ces îles demandent d’avoir du temps ; finalement nous sommes heureux d’avoir attendu si longtemps  pour réaliser ce rêve ....

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
hello les Darmayans vous nous décrivez le paradis , simplicité , solidarité dans un décor de rêve
waouh profitez bien.
gros muxus.
Répondre
F
Super content d'avoir de vos nouvelles. Attention vous êtes en train de devenir polynésiens. Mais est ce vraiment un problème ? Merci de nous offrir ces" petits voyages aux îles" si sympathiques. Pour un thazard c'est un thazard, juste le double du dernier que j'ai eu l'honneur et l'avantage de rencontrer. Jolie brise, bonnes plongées, have fun et à +
Répondre
R
Merci, c'est superbe, un bonheur de vous lire, beaucoup d'émotions !
Gros bisous de nous quatre
Répondre